1938 - 1960 : Des recherches tous azimuts

L’histoire d’Elipson est inextricablement liée à son directeur général, Joseph Léon. Ce natif de Bordeaux, formé aux Arts et Métiers, se passionne pour la reproduction du son. En 1930, il participe au montage et à la mise au point du matériel de reproduction sonore des salles de cinéma au sein de la Compagnie Radio Cinéma du groupe CSF. Parallèlement, il met en place avec son frère Jean, un système d’enregistrement portatif, le Monobloc VV3. Résistant décoré de la Croix de guerre, Joseph Léon rejoint l’entreprise Multimoteur après sa démobilisation. Multimoteur est alors une petite société spécialisée dans la fabrication de moteurs pour jouets électriques. Sa production consiste principalement en des locomotives et des chemins de fer pour les enfants. L’entreprise fabrique également de l’appareillage électrique miniature permettant de construire des transformateurs, des dynamos et des alternateurs. Plus précisément des jouets éducatifs à monter soi-même pour acquérir les bases de l’électricité industrielle.

De Multimoteur à Elipson

De Multimoteur à Elipson Dans un contexte de marché difficile, Multimoteur entreprend de se diversifier et oriente ses recherches vers la construction d’enceintes acoustiques. Dès 1940, son directeur Henry Bazin et son ingénieur Maurice Latour, entament de minutieuses recherches qui donneront naissance, quelques années plus tard, à la légendaire enceinte BS50 Chambord. En 1948, Joseph Léon devient directeur général de Multimoteur. Son arrivée donne un élan exceptionnel à la société qui s’engage de façon plus radicale dans la fabrication d’enceintes acoustiques, qu’elle appelle les Conques en référence à leur forme elliptique. En 1951, Multimoteur devient Elipson, ce patronyme étant la contraction des mots ellipse et son. C’est ainsi que débute l’aventure Elipson. Les enceintes sphériques forgent rapidement son succès et son image. Avec leurs lignes audacieuses, les enceintes dessinées et conçues par Joseph Léon s’invitent dans le quotidien des Français par le biais de la télévision car elles équipent de nombreux studios et plateaux. Claude François fait ses premiers pas entouré d’enceintes Elipson, tandis que le discours d’inauguration du Général de Gaulle à la Maison de la Radio est retransmis par les fameuses enceintes Elipson BS50.

L'usage du staff

Grâce au système du réflecteur, Elipson est capable de sonoriser de grands espaces avec précision et qualité. Joseph Léon approfondit ses recherches sur l’énergie acoustique engendrée par le réflecteur, inventant de nouvelles enceintes au style et au design encore jamais vus. La forme elliptique des enceintes Elipson implique d’utiliser un matériau aisément façonnable. L’ébénisterie n’étant pas envisageable à cette époque, Joseph Léon va opter pour le staff. Ce matériau, qui date du XIXe siècle, présente les caractéristiques idéales pour la conception d’enceintes sphériques. C’est ainsi la première fois que du plâtre armé de fibres végétales est utilisé pour la conception d’enceintes acoustiques. Compte tenu des difficultés liées à sa mise en oeuvre et malgré d’excellentes performances acoustiques, le staff ne sera durablement exploité que par Elipson. En 1953, l’enceinte BS50 est présentée à l’occasion du premier spectacle son et lumière au château de Chambord. À la fois efficace et esthétique, elle permet de diffuser le son de manière précise tout en offrant un design pur et particulièrement reconnaissable. La sphère qui accueille le haut-parleur est délicatement posée sur un trépied en métal, sans aucune fixation apparente. Au sommet, le réflecteur - l’oreille - devient un signe distinctif et donne à l’enceinte sa silhouette unique et sa spécificité technique. Joseph Léon est apprécié et sollicité. Marcel Dassault fait appel à lui pour solutionner des bruits parasites dans les cockpits de ses avions de chasse tout en proposant d'ingénieux systèmes pour la réduction du bruit des réacteurs modernes. En 1962, il est fait chevalier de l'Ordre du Mérite pour la recherche et l'invention.

2008 : Le renouveau

En 2008, un jeune entrepreneur amoureux de la marque reprend, avec son associé Éric James, les rênes d’Elipson. Philippe Carré, souhaite renouer avec le design avant-gardiste et la perfection sonore qui ont fait le succès de la marque. Pour y parvenir, il repositionne la marque dans l’univers de la décoration et du design. Ce positionnement atypique permet à Elipson de trouver une place à part dans le milieu de la hi-fi d’aujourd’hui. Pour cela il s'entoure d’un nouveau directeur de création en la personne de Jean-Yves Le Porcher et du designer Jullien Thaler, bien connu dans le milieu audiophile pour sa passion des enceintes Elipson et son site Web dédié au patrimoine de la marque. L’une des premières réalisations de cette nouvelle équipe est l’enceinte 4260 pour réinscrire Elipson dans son histoire et son savoirfaire en très haute-fidélité. Pour le grand public, Elipson crée les Planet L et Planet M, des enceintes sphériques qui illustrent la volonté de la marque d’investir le territoire de la maison, grâce à un objet aussi beau qu’acoustiquement performant. Le large bande des enceintes historique est remplacé par un haut-parleur coaxial qui focalise le son de manière précise et contribue à créer une scène sonore profonde et large. Elipson synthétise ainsi le meilleur des deux époques.